10000: c'est le nombre de
participants du 20ème marathon Serge Vigot. 42,195 kms en 2 boucles
dans les rues de La Rochelle. 44 ans de moyenne d'âge pour les
participants, 14% de féminines et 18 nationalités
représentées.
Je m'y étais présenté il y a 2
ans en finissant en 3h25.
Motivé au mois de septembre par
mes collègues du club de triathlon de Châtellerault, je prends la
préparation confectionnée par l'entraîneur qu'au cours du mois
d'octobre suite à une implosion (cf Raid Nature 42 !!!) ce qui m'a
laissé qu'un mois. Peu importe, je suis motivé. C'est pour moi THE
objectif de fin de saison avec pour but de passer sous la barre des
3h15.
Dimanche 28 novembre, 7h30: il
fait 1 degré et il tombe de la neige fondue !! Heureusement le
mental est bon car les sensations pas trop, après la prépa et le
trail du Roc du Diable, j'ai passé 2 semaines « coup de
fatigue » (nom de Dieu, Jacky avait encore
raison...).
9h00: Vu le nombre, le départ est
donné à 2 endroits différents selon les catégories et heureusement
car c'est impressionnant. Le début du parcours est une succession
de petites accélérations, de passages de trottoir, de
ralentissement, de doux passages de flaques d'eau à 1 degré où il
faut rester vigilant pour éviter de chuter ou de faire chuter
d'autres coureurs dans cette marée humaine. C'est usant.
Dés le début, je retrouve Yago,
un collègue d'entraînement qui veut aussi finir en 3h15. Nous
partons ensemble. Je croise aussi des triathlètes rochelais. Au
début on est frais donc on peut discuter ce qui fait un peu oublier
le mauvais temps. On boucle les 10 premiers kilomètres en 46 min et
les 15 en 1h09. Le temps passe vite malgré le froid et la pluie qui
arrive. Les sensations ne sont pas bonnes et je sens que je peux
prendre le mur du 35ème à n'importe quel kilomètre !
On passe le semi en
1h36.
Yago lâche prise (il abandonnera
au 30ème) et c'est là que commence vraiment la course. Je poursuis,
je suis encore devant le meneur d'allure d'environ 20m mais je sens
que mes steaks vont me lâcher avant les 42 bornes. Je gère en
ralentissant dans les faux-plats montants et en ne ratant aucun
ravitaillement. Je passe le 30ème en 2h18. Je tiens le 4'35'' au
mille mais difficilement.
2h30 de course, je suis côte à
côte avec le coureur 3h15 mais rien ne va plus. Il crie qu'il reste
que 10 bornes. Je peine à monter les genoux et mes Aasics Gel
Kayano qui coûtent la peau des fesses me semblent fines comme du
papier à cigarettes !! Des coups de couteaux me lacèrent les
jambons à chaque pieds posés au sol. C'est justement à ce moment-là
qu'un type avec des « dreds-locks » longues jusqu'au fion
me double ... pieds nus !!! Incroyable !
2h40, je passe le
35ème.
Je me fais distancer par la
flamme violette et je sais maintenant que je ne ferais pas moins de
3h15 et qu'il faut limiter les dégâts en temps. Je m'accroche
malgré l'impression d'avoir une purée de cartilages dans les pieds.
Un arrêt s'impose où je manque de m'effondrer sur le bas côté. Je
frotte les buches et repars. Le bitume est extrêmement traumatisant
et je cherche les morceaux d'herbes: Vive les trails !
Cet arrêt a soulagé un peu et
j'arrive sur le port où la foule finit de nous porter jusqu'au
tapis bleu final. Le sprint final n'est même pas envisageable mais
je passe la ligne en 3h19'09. (1361ème / 10000).
Place au ravito bien moins varié
qu'au le raid de la Licorne, à la bourriche d'huîtres, et au
difficile retour à la voiture.
Je suis déçu d'avoir manqué à mon
objectif mais satisfait de ma course malgré tout. J'ai rien gardé
dans les chaussettes et mes collègues châtelleraudais ont eux aussi
mis quelques minutes de plus que leurs prévisions.
Alban
Commentaires